"Terrible silence angoissant. Néant. Oubli. Mur. Première mort.
Quel crime ai-je commis ? Refuser le monde: crime puni de prison à perpétuité. Ils me manipulent comme un vulgaire ramassis d'os, dénuée de toute pensée, de tout sentiment.
(...)
Je suis seule. Dehors, le monde est en train de rire, de s'amuser, de parler, je suis seule, seule avec mon corps, qui ne veut rien, qui ne demande rien, sauf de mourir. Mais il résistera. Ils ne me laisseront pas m'évanouir parce que je dois souffrir et m'apercevoir de ma stupidité à m'entêter, à vomir ces gens, ces maisons, cette société contraignante. Mais qu'est-ce qu'ils croient donc, que je vais céder à leur chantage infâme ? Ils n'ont pas l'air de se rendre compte de l'horreur qu'ils provoquent. Ils s'en moquent. Hors de ces murs, de cette prison, personne ne sait ce qu'ils font subir à ces esprits prisonniers, mais les gens en ont tellement peur, ils éprouvent tant de répugnance qu'ils oublient parce que c'est plus simple et plus facile."
Petite, Geneviève Brisac
"L'anorexie me détruit et tous les gens que j'aime avec. C'est comme si, chaque jour, j'avais rendez-vous avec la mort. C'est une maladie fourbe, insidueuse, ma pire ennemie. Pas moyen d'y échapper. Je la croise partout, dans mon miroir, dans mon assiette, dans les magazines, elle est partout. Chaque kilo perdu est à la fois une jouissance et une souffrance. Mais, malgré la douleur, je n'arrive pas à vouloir m'en sortir, car maigrir me donne l'illusion d'être pure, de m'éloigner de ce monde pesant, de m'élever vers d'autres idéaux. Parfois, j'aimerais être de nouveau insouciante, pouvoir me laisser aller. Mais dès que je me relâche un peu, je vois le gouffre, le vide, le néant de ma vie et je me sens seule, terriblement seule. Je vois des mains qui se tendent vers moi; elles semblent lointaines et puis je les refuse, elles me dégoûtent, je ne peux pas vous expliquer pourquoi."
(Aline, 17 ans)
Que pensez vous de cette maladie mentale ?
Etant déjà passé par ce cap, j'essaye de me poser la question "pourquoi".
Mais il y a trop de réponses différentes et nombreuses pour un seul et meme cas ! Nous sommes tellement complexes...
Croyez-vous qu'il faille obligatoirement dans tous les cas d'anorexie, une hospitalisation, voir des pychologues, des psychitatres continuellement ? N'est ce pas valable que dans certains cas?
Y-a-t-il une, d'autres solutions ? Y en aurait-il une pour chaque cas différent ?