Je constate quelques faits:
- la notion de nation est une création récente (XVIIe siècle env.) et occidentale, qui a été exportée de par le monde avec plus ou moins de succès, car le plus souvent au mérpis de séparations géographique antérieures trés différents (claniques par ex). Si la nation parait comme une "évidence" pour nous, il ne faut pas oublier que les questions "qu'est-ce qu'un Etat", "qu'est-ce qu'un pays", ne trouvent de réponses précises que sur le plan de la loi, pas de la culture.
- le multiculturalisme est à présent un donné quasi universel au niveau mondial. Pratiquement toutes les sociétés sont le fruit de mélanges éthniques, culturels et historiques entre diverses polulations. La plus grande mobilité humaine et les échanges commerciaux rendent l'autarcie quasiment impossible.
- le racisme est souvent lié à une crise identitaire. En effet, si la présence d'une petite minorité (éthnique, religieuse) ne dérange pratiquement jamais, c'est quand la crainte, la plupart du temps infondée, de voir sa culture suplantée par celle de l'ex-minorité apparait, que le rejet s'installe. En Suisse, on voit en même temps le nombre de fidèles dans les églises chrétiennes diminuer, et le nombre de fidèles dans les mosquées grandir. S'en suit une crainte identitaire chez certain, qui prennet des formes proches de la paranoia. Une politicienne vaudois a sorti un jour: "je ne veux pas qu'on m'oblige à porter le voile dans mon pays dans quelques années".
- finalement, je m'amuse à lire un anglophone dire "la langue de l'Australie est l'anglais". Parmis les quelques 300 langues parlées sur le sol de ce continent avant 1800, il y avait l’alyawarra, le murrinbata, le pitjantjara, le wik-mungkan, etc, etc, mais pas l'anglais. Les populations qui pourraient légitimement se dire chez eux sont les aborigènes, pas les descendants des anglais ou des holandais.
En conclusion:
Je pense que vouloir lutter contre le multiculturalisme est une crétinerie égocentriste motivée la plupart du temps par la peur de perdre son identité propre. Pour moi, l'identité propre ne se perd pas, mais s'enrichit des apports extérieurs lorsqu'on se les réaproprie. Les pizzas vendues à new York n'ont quasiment rien en commun avec les pizzas romaines. Le pays hôte a fait sien un apport extérieur. Et je ne me sens pas moins suise de manger une pizza qu'une fondue.
Evidemment, le multiculturalisme soulève des difficultés. Tout ne doit pas être accepté au nom du politiquement correct. Mais il existe des moyens plus constructifs de marier au mieux le respect du à chacun avec les diversités présentes que de vaines tentatives de barricades, rejets, enfermements ou extermination.