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 La médiocrité est-elle indissociable des grande oeuvres ?

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Hobbes

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MessageSujet: La médiocrité est-elle indissociable des grande oeuvres ?   Jeu 26 Avr - 12:11

J'ai une phrase philo à vous proposer. Mais peut-être vaut-il la peine que j'explique d'où elle m'est venue. Je suis allé hier soir au concert de Bob Dylan avec une amie, qui m'écrivait ce matin être un peu déçue. Voici ma réponse:

Citation :
Perso, je n'ai pas été trop surpris de le voir commencer à 20h10, alors qu'un tiers des spectateurs étaient encore dehors, et finir à 22h10 exactement, sans un seul merci à l'auditoire. Bob Dylan est connu pour sa paresse et sa froideur sur scène. Les remarques les plus courantes à la fin d'un concert sont "il a encore moins bien chanté que la dernière fois, non?". Mais il vaut la peine de se souvenir, dans son concert de 1966, qu'il a joué sans broncher sous les insultes, malgré les sifflets et les applaudissements à contre rythme. Bob Dylan a toujours suivi sa voie. Au contraire de certains artistes qui suivent la mode du jour, le public tente de suivre depuis toujours Robert Allen Zimmerman sans vraiment y parvenir. Comme le disait un critique:

"Bob Dylan est un curieuse bête. Cela fait plus de 40 ans déjà qu'il écrit les choses les plus abracadabrantes, qu'il chante le plus souvent d'une voix nasillarde à la limite du supportable. Pourtant, nous sommes des légions à beaucoup aimer ce que nous sert ce troubadour vieillissant. François Desmeules nous en présente ci-haut des facettes différentes via une très courte analyse de sa discographie. Mais la plus grande ambivalence du personnage ne se trouve pas de ce côté. Elle concerne plutôt l'écriture et la scène.

D'une part, Bob Dylan est un auteur-compositeur doté d'une imagination incroyable. Il pond des textes-fleuves comme personne d'autre. Ses chansons sont parfois tellement longues, quasiment interminables, qu'on se trouve gavé bien avant la fin. Bob Dylan ne fait jamais dans la demi-mesure. Il y met le paquet. Sauf sur scène.

C'est ainsi que, d'autre part, Bob Dylan est loin d'être une bonne bête de scène. Presque toutes les prestations de lui que j'ai vues m'ont énormément déçu. On dirait que pour lui, il s'agissait d'écrire les chansons et, parce qu'il le faut bien, de les enregistrer. Ensuite, cela ne l'intéresse plus tellement. Il a déjà la tête ailleurs. Sur scène, Bob Dylan a l'air de s'ennuyer énormément et offre presque des performances aussi désolantes que celles de Serge Gainsbourg, ce qui n'est pas peu dire... Il chante sans conviction, massacre ses propres mélodies et, visiblement, le coeur n'y est pas. Le bonhomme est ailleurs."

Ailleurs, c'est peut-être dans le monde surréaliste de la littérature:

"Depuis 1997, Bob Dylan est régulièrement mis en nomination pour l’obtention du Prix Nobel de littérature. Par ailleurs, les textes de ses chansons, qui se situent entre poésie surréaliste et musique traditionnelle américaine, sont étudiés dans les universités américaines. Son dernier album studio, Modern Times, paru fin aout 2006, est entré directement n°1 dans les charts aux États Unis, faisant de lui l'unique chanteur au monde âgé de 65 ans encore en vie, n°1 au hit parade"

Donc, en conclusion "une si mauvaise prestation scénique n'enlève rien au génie de l'artiste. Peut-être même cela ajoute-t-il un peu à la mystique qui l'entoure..."


Peut-être la médiocrité est-elle une facette incontournable des grandes oeuvres ?


Cette phrase, écrite sans vraiment y penser, s'est soudain allumé d'une autre lumière. Il a fullu 20'000 hommes pendant 5 ans pour construire le Taj Mahal (merci Radio Lac !), des millions de jours de travail pour construire la Muraille de Chine. Les pyramides ont été construites dans le sang et la sueur. Les cathédrales malgré le froid et les accidents mortels quotidiens. Ravel s'est fait traité de fou à la fin de la première représentation du Boléro. Michel Petrucciani est devenu un pianiste d'exception parce que ses parents le forçaient à jouer dans le magasin familial pour les clients, et parce que son handicap lourd l'empêchait de jouer dehors. Django Reinhard, plus grand guitariste manouche de tous les temps, avait la main gauche mutilée par un incendie. Jaco Pastorius, référence ultime des bassistes, devenu fou, vit comme une SDF et meurt peu après une bagarre où on l'abandonne sur le pavé inconscient et un œil crevé. Versailles la magnifique était bâtie loin d'une Paris miséreuse et maladive. La toile la plus connue de Picasso est certainement Guernica. La chanson de Brel "Ne me quitte pas". Mozart a fini dans une fosse commune sans Requiem...

Bref, faut-il nécessairement que la grandeur la plus totale, les œuvres les plus belles, le génie le plus grand soient systématiquement associés, nourris ou engendrés par la douleur ? L'art ne peut-il exister que dans la sublimation de la souffrance ? Existe t'il de vrais chefs d'œuvres conçus dans le bonheur ?
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hihihi

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MessageSujet: Re: La médiocrité est-elle indissociable des grande oeuvres ?   Jeu 26 Avr - 15:27

la sublimation de la douleur est certes un chemin communement pris pour creer ; mais de la a dire qu'il n'existe pas "de vrais chefs d'œuvres conçus dans le bonheur" , il y a un pas que je ne franchirais pas.

a moins que tu ne consideres comme vrai chef-d'oeuvre que son requiem , mozart, que tu cites en exemple , echappe d'ailleurs a cette regle .
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Amy

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MessageSujet: Re: La médiocrité est-elle indissociable des grande oeuvres ?   Jeu 26 Avr - 15:28

Dans le bonheur et dans la douleur tu enfanteras..Mr.Red
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Fro

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MessageSujet: Re: La médiocrité est-elle indissociable des grande oeuvres ?   Jeu 26 Avr - 18:20

Citation :
Bref, faut-il nécessairement que la grandeur la plus totale, les œuvres les plus belles, le génie le plus grand soient systématiquement associés, nourris ou engendrés par la douleur ? L'art ne peut-il exister que dans la sublimation de la souffrance ? Existe t'il de vrais chefs d'œuvres conçus dans le bonheur ?

Ben au final, je ne vois pas pourquoi ils seraient moins en lien avec la douleur, la connerie, la médiocrité que le reste, les autres ?

Quant à la sublimation de la souffrance, elle est bien souvent plus au regard d'autrui que du concerné.

Citation :
Michel Petrucciani est devenu un pianiste d'exception parce que ses parents le forçaient à jouer dans le magasin familial pour les clients, et parce que son handicap lourd l'empêchait de jouer dehors.

en même temps, l'incidence de sa maladie est de 1 pour 5000 naissance et peu sont célèbre...

je trouve finalement malheureux de mieux reconnaitre la douleur au talent ou le travail.

_________________
le bonheur se cache parfois dans une tartelette aux fraises

Chupa chups pro...
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